Face aux impacts de la sécheresse de 2022, le monde politique et les lobbyistes s’emparent aujourd’hui du sujet de l’eau. A celui-ci se greffe bien évidemment celui des retenues.
Dès 2017, l’Office Français de la Biodiversité a choisi 8 porteurs de projet pour étudier les perturbations provoquées par le cumul de retenues sur un cours d’eau ou un bassin versant. La Fédération de l’Aveyron, en consortium avec 2 syndicats de rivière et 1 bureau d’étude, s’est penchée sur l’influence thermique des retenues. Une approche statistique met en évidence une variation entre 2°C et 5°C à l’aval des retenues. Plus la température amont retenue est fraiche et plus l’intensité de perturbation sera forte. La propagation de cet effet retenue sera maximale sur environ 500m à 1km. Avec la présence de retenues en série, distantes de moins de 500m à 1km, un impact cumulé se produit. Cela décale l’effet retenue plus en aval sur le réseau hydrographique et aboutit à une température de l’eau de plus en plus élevée, tendant vers la température de l’air. L’étude définit des valeurs guides thermiques qui permettent d’évaluer l’impact cumulé des retenues, valeurs qui n’étaient pas définies et pourtant très importantes. Au-dessus de ces valeurs guides, le cours d’eau bascule dans un état impacté thermiquement. L’intérêt de ces valeurs guides repose sur le fait qu’elles reflètent des classes d’impact (ici thermique) et ne se limite pas à un niveau de pressions, qui reflète un degré d’équipement. L’année d’étude n’influencera pas les indicateurs. Ceux-ci ont été confirmés au cours de 3 années présentant des contrastes thermiques. La démarche en 2 échelles spatiales (retenue ou projet et bassin versant) d’une étude d’impact se retrouve, et est affinée par des échelles spatiales intermédiaires.
Pour plus de détail sur le sujet, les personnes intéressées pourront retrouver l’ensemble des résultats dans les rapports sur le site internet de la fédération.
